
| Si jamais un jour vous décidez de passer vos vacances
en Enfer, avant de partir, venez me voir un instant, car je commence à y connaître
quelques coins sympas. Comme quoi, collaborer à Virus, ça fait voyager.
Par contre, avant de vous donner tous les petits conseils de voyage promis, j'aimerais
que vous me fassiez une liste de toutes les ennuis que l'on peut, à votre avis,
rencontrer en faisant la mise en page d'un Virus. C'est juste pour voir, comme ça,
simple jeu, un peu dans la veine de l'article de notre cher @nonyme, lequel est le
plus imaginatif de vous ou de la réalité. Non, en fait ça ne m'intéresse
pas, car je connais déjà la réponse, et elle n'est pas flatteuse pour
vous. Vous pouvez, et même vous devez si vous êtes les lecteurs passionnés que vous êtes censés être, vous indigner et demander pourquoi nous sommes déjà en novembre et pas de Virus à l'horizon. Et bien écoute petit, il va falloir que tu apprennes qu'il ya des sujets qui fâchent, et qu'il vaut mieux éviter. S'il n'y a eu encore de Virus, c'est parce qu'une vigoureuse atmosphère lourde et lâchement activée à tenter d'empêcher le Virus n 17 de sortir semble s'être installer. Autrement dit, une entité suprapuissante nous veut du mal (si, si). Si je dis ça, c'est parce qu'étant donné tout ce qui m'est arrivé en seulement une semaine, la simple coÔncidence ne me paraît plus envisageable. Déjà, pour commencer, il n'y avait aucune raison pour que ce soit moi, simple rédactrice, qui récupère ce merveilleux travail de mise en page. Mais évidemment, la rédactrice en chef devait partir souffrir dans sa maison de campagne (nous sommes pendant les vacances de la Toussaint, le Virus était censé sortir avant, mais bien évidemment, aucun rédacteur, moi la première (oh, bonjour M. le rédac-chef adjoint, vous avez un magnifique fouet), n'avait rendu ses articles à temps), et quand à l'adjoint, tout beau que soit son fouet, sa salle de bain à refaire l'empêchait naturellement de faire quoi que ce soit (je l'ai tout de même appelé tous les jours pour savoir s'il pouvait se libérer et venir m'aider mais sans effets, il va falloir que je réarrange mes atouts esthétiques). Bon, et puis je suis la seule à avoir une imprimante qui puisse imprimer Virus (enfin, c'est ce que je croyais encore). Commençons pas la technique. Il se trouve qu'aucun article n'était sur disquette, mais tous étaient tapés. Il aurait été dommage de les recopier entièrement, plus intelligent était de trouver un scanner et un OCR (Optical Caracter Recognition). Le scanner, je l'avais (qui alors marchait), mais pas le logiciel. Trois jours après, j'avais le logiciel. Bien évidemment, c'était le scanner, dès lors, qui ne marchait plus. Enfin, 24h après j'avais réussi à tout installer (et ça marchait) sur un ordinateur. Il ne restait plus qu'à tout installer sur MON ordinateur. Alors là, je fais une petite pause pour vous expliquer une chose importante : lorsque vous faites la mise en page de Virus et que vous êtes théoriquement capable de travailler, même si ce n'est pas l'idéal, PROFITEZ-EN, de toute façon, ça ne durera pas !!!! Revenons à mon sujet. Je décidai alors, tout intelligente que je croyais être, d'essayer d'installer tout ça sur mon PC. C'était sans compter mon lecteur de CD qui, n'écoutant que Noir Désir, rendit l'âme (je ne sais d'ailleurs toujours pas pourquoi). Qu'à cela ne tienne, je me sers généreusement en lecteur provenant d'un autre ordinateur, je le greffe sur le mien, et cela sans rejet ! C'était bizarre. J'installe. Aucun problème. Encore plus bizarre. Jusqu'à ce qu'enfin, je tente de scanner, alors il me dit, d'un ton royal, tel un petit Salomon électronique, ne pas trouver un fichier dans un répertoire alors qu'il y est et qu'il marche très bien sur un autre PC. Plutôt que de tuer toute ma famille (j'aurais peut-être dû), je décide de rebrousser chemin et de travailler sur l'autre ordinateur, ce qui inclue d'incessants va-et-vient, étant donné que le logiciel de mise en page est sur le mien. Et voilà, le vendredi qui précède la rentrée, à 1h du matin, je peux commencer la mise en page, ce que je m'empresse de faire. Le reste se passe sans problème si ce n'est qu'aucune image ne tenait sur une disquette, d'où compression pour passer d'un ordinateur à l'autre, d'où trois voire quatre compressions chaque fois, vu que les premières fois, ça ne marchait pas (quand il est entre 3 et 4h du mat, je vous jure que la cinquième compression est stressante). Par soucis de concision, je passesur toutes les personnes que je devais contacter pour récupérer ceci ou cela et pour lesquelles l'appel se terminait alternativement sur : ligne occupée, répondeur, bip bip ne ressemblant à rien, grands-parents ne parlant pas très bien français mais de toute façon la personne n'est plus là, les lignes plus en service actuellement. En une semaine, je n'ai réussi à avoir qu'une personne, c'était pour savoir son pseudo dont finalement je n'ai pas eu besoin. Enfin, mes villégiatures rocambolesques s'achèvent pour laisser place à mon quotidien dont le pittoresque n'a pourtant rien à envier aux précédentes. Pour finir, je passe, dès la rentrée, tout le travail à une tierce personne qui m'aide enfin. Et je récupère le tout le week-end suivant avec, en gros, un jour de travail. Un jour, ça, c'est sans compter que la tierce personne et moi nous avons des techniques de travail très différentes, même si les deux sont convenables. En tout cas, elles ne sont pas compatibles. Donc, il me fallait d'abord compter un jour de travail pour redonner au numéro une tête qui ME plaîse et le reste du week-end pour finir (dans reste, la nuit est comprise). Me voilà donc avec deux week-end sans sommeil à tenter de faire le dossier spécial Bizuth (oui, car il n'était pas fait), de remplir tous les trous (et ils sont nombreux) et donc de raconter ma vie, en espérant qu'elle est intéressante. J'espère que mes fans (enfin mon fan, s'il existe) comprendra pourquoi je n'ai pas fait de vrai article, je n'ai pas que ça à faire ! Accessoirement, nous sommes lundi, il est 1h du mat et j'ai une dissert à faire pour mardi dont je n'ai même pas encore lu le sujet, mais bon, un jeune homme m'a appelé pour dire qu'il était infaisable, avec un peu de chance, même si j'avais essayé de la faire, je ne serais pas plus avancée que maintenant. Bon, ai-je oublié quelque élément important de cette quête au Virus fini ? Course à l'article par E-mail interposés, articles de 3 pages au lieu de 4, originaux qu'on ne retrouve plus, articles trop courts pour remplir une page, mais trop longs pour en compléter une autre... Non, je crois qu'il n'y a plus rien désormais qui ne soit, somme toute, assez banal. Je peux donc passer au clou du spectacle. En effet, il y a, en Ile de France, très exactement (je dis, Ile de France mais en fait elle vient de Normandie) une imprimante qui accepte d'imprimer Virus (ne me demandez pas pourquoi, mais toutes les autres refusent, question de fierté sans doute) : celle du bureau de ma mère ; le dernier vendredi des vacances, je pense donc à informer cette dernière de mon soudain intérêt quand au fait qu'elle ramène la dite imprimante (en prévision, fort optimiste, d'accord, de mon éventuel besoin). Conciliante, elle revient avec, mais les courses aidant, la laisse dans le coffre ; en rentrant, elle me dit donc qu'elle m'attend dans la voiture. Vous me croirez si vous voulez, mais sur le coup je me suis dit que se serait vraiment idiot, mais bon, c'était tout de même gros. J'ai donc dit que j'irais la chercher quand j'en aurais besoin. Evidemment, le lendemain matin, bien que je n'en avais toujours pas l'utilité, bien loin encore étant la fin, l'imprimante avait disparu, ainsi que la voiture qui la contenait. Notez que la voiture avait trois semaines et que c'est un progrès ! (la dernière fois que ma mère s'est faite voler sa voiture, elle avait moins de 48h, donc pas immatriculée....Amusez-vous pour vous faire rembourser) Enfin voilà, si on vous propose de faire la mise en page de Virus, un conseil, dites oui, car pour une fois, ce n'est pas moi qui m'amuserai comme une folle. N.B. : je ne sais toujours pas comment je vais imprimer le Virus à l'heure qu'il est. PS : On a retrouvé la voiture depuis...sans roues, sans sièges, sans tableau de bord, sans intérieur des portes....sans imprimante, mais avec l'autoradio (sic !!) |
Virus - trimestriel du lycée Louis-le-Grand - Novembre 98