
| Note sur une légende persistante Contrairement à ce qu'une légende qui semble de plus en plus s'installer pousse à croire, je tiens à préciser que le fameux casier P, élèment indissociable de toute communication convenable avec la rédaction ne tient pas du mythe, mais bel et bien de la réalité. Je m'explique : IL EXISTE VRAIMENT ! En effet, depuis un certain temps, mes discussions avec certains externes, et (plus grave) certains internes, m'ont démontré que la croyance en un contact entre Virus et son public est nulle, l'existence du dit casier étant mise en doute. Mais non, nous sommes à votre écoute. Pour nous contacter il suffit donc de glisser votre courrier dans le casier P des internes (point I sur le plan), voire casier V pour les rationnalistes, ou encore dans le casier Virus des khleubs (point II sur le plan). Effectivement, cette malheureuse croyance a pour conséquence que seuls quelques renseignés nous envoient leur courrier en général plutôt allumé, ce qui mène à discréditer votre rubrique. C'est tout de même dommage. |
| Lettre 1 : A demi mo Je viens d'arriver cette année dans le temple de la torche en classe de seconde. En ce qui nous concerne aujourd'hui, tout a commencé à la rentrée dernière. A peine étions-nous rentrés en cours que notre attention n'était déjà plus focalisée sur notre professeur. Rien d'anormal jusqu'ici, me direz-vous? Certes, mais il en est tout autre de la cause de notre inattention. Il s'agissait en effet d'un "petit guide du parfait magnoludovicien", écrit au tableau par des doigts inconnus, et qui se résumait à cela : "Si on vous dit MI, il faut répondre MO" et "Si on vous dit MO, il faut répondre MI". Vous imaginez quelle a été ma surprise ! Non que je m'étonnais de découvrir de telles absurdités à LLG mais parce qu'au contraire, je pensais être parfaitement au courant du langage et des múurs magnoludoviciennes. J'ai en effet des amis dans presque toutes les classes de MP, MP* (Bestiâaal!) ou encore PC* du lycée qui m'avaient donné des cours à ce sujet, allant même jusqu'à me prêter la collection complète de Virus, à la lecture de laquelle je me suis délecté, en particulier pour la qualité des articles d'@nonyme. Bref, je pensais tout connaître du Khrââââsss jusqu'au Ssstûûûce en passant par la dernière blague à la mode ("Diego à Ulm !"). Dès la fin des cours, je me renseignai donc auprès des autres secondes et de mes amis de Spé au sujet du MI-MO. Les premiers me confirmèrent qu'ils avaient eu droit eux aussi à un petit guide du même genre où étaient mentionnées, parfois dissimulées derrière un système formel d'axiomatique foireuse, les propositions MI=>MO et MO=>MI. Les seconds m'affirmèrent quant à eux que depuis cinq ans qu 'ils étaient à LLG, ils n'avaient jamais rien entendu de tel. Du coup, vu que personne ne semblait pouvoir m'aider, j'abandonnai mes recherches. Bientôt cependant, alors que je m'étais débrouillé pour pouvoir manger à la même heure que les préparationnaires pour une raison annexe (Khuisss...), j'entendis , alors que je prenais mon plateau à la cantine, l'une des deux personnes qui me précédaient dire à l'autre : "Alors, t'as bourriné la thermomidynamimoque pendant l'été ?" La réponse fut tout aussi étrange que la question : "Non, mais j'ai pougné en atomimostique !" Tout à coup, la lumière fut : ils appliquaient les propositions MI-MO ! J'ai failli leur demander s'ils en connaissaient les inventeurs mais mon cerveau sous-dimensionné de PTBD a fonctionné plus rapidement qu'à l'accoutumée : ils étaient devant moi ! Survolté, je me débrouillai pour trouver une place près d'eux, à une table proche de la leur, avec une discrétion remarquable. Je m'aperçus alors que les "mimoteurs" étaient huit ou neuf! Incroyable! J'avoue ne pas avoir saisi grand chose à leur discussion du fait du bruit ambiant de la cantine et surtout du contenu de leur discours : tantôt ils se prenaient pour James Bond tantôt ils ne cessaient de parler de l'étoile AltaÔr... Mais soudain, l'intérêt ressurgit. L'un d'eux était -je crois- victime d'un gentil bizuthage : il devait monter sur la table et crier MI. Après s'être fait longuement prier, il s'exécuta, mais son MI fut si faible qu'il ne méritait même pas un MO en réponse. Subissant les critiques des autres (en particulier un blond et un brun assis en bout de table, les plus véhéments du groupe), il les mit au défi de le faire, eux. Sur ce le brun monta énergiquement sur la table et lança sans se dégonfler un MI si retentissant que j'y répondis par un MO inaudible. Le bizuth, vexé, recommença en améliorant notablement sa performance précédente. La conversation perdit en intérêt jusqu'à ce qu'un autre "mimoteur", silencieux jusque là, lance un "tip tap badaboum". Là, le bizuth, le brun et le blond se sont lancés dans un enchaînement surréaliste de plus d'une minute, sans signification apparente comprenant en vrac "Mi-Mo-Stique", "Funky", "Groumpf", "Ping Pong" et "Torche", si mes souvenirs sont bons. Aussi absurde que cela m'apparut, je restai sans voix face à la portée philosophique du MI-MO. Celui-ci, alors qu'il se révélait sous mes yeux une marque d'appartenance à un groupe funky et uni, devenait soudain plus profond, comme s'il était devenu "l'absolue incarnation (qui apparaît certes comme transcendantalement débile) d'une absurdité subtile bien qu'immédiate" (je cite là des termes qu'ils avaient employés au fil de la conversation, le blond en particulier semblait maîtriser le jargon philosophique). A cette heure, j'ignore encore l'identité de ces personnes mais je tiens à m'adresser à elles pour leur dire un seul MO : MI ! Funky L. Réponse : Mon petit Funky, En effet, un certaine vague de MI MO a déferlé sur notre lycée, et ce, pour le malheur de nos pauvres petites têtes qui n'entendent, du coup, plus que cela à longueur de journée. Il n'y a, malheureusement, pas de remède. Il faut donc prendre son courage à deux mains et fuir tant qu'il en est encore temps. |
| Lettre 2 : Vent Naval de Stéphane M. Le corps éperdu, hélas ! ayant lu tous les tomes. S'évader ! là-bas s'évader ! Je sens que les mouettes sont combées D'être entre l'écume secrète et les nuages ! Les potagers surannés reflétés par les yeux Ne garderont ce cúur dans la mer trempé, ténèbres ! pas plus que la clarté déserte de ma lampe Sur le papyrus nu que la blancheur défend Pas plus que la jeune femme donnant à téter à l'enfant. Je pars sur le champ ! Streamer balançant ta mâture, Lève l'ancre pour une étonnante nature ! Un spleen, désolé par les cruelles espérances, Pense encore au salut suprème des Kleenex ! Et peut être les mâts appelant les orages, Sont de ceux qu'un vent penche sur les naufrages Perdus, sans mâts, sans mâts, pas même de fécond atoll. Seulement, ô mon cúur, entends le chant des matelots. Vocalis par Arthur R. A noir, E blanc, I rubis, U citron, O azur : sons non occlu sifs, ni constrictifs, ni fricatifs, ni nasaux, ni vibrants... On dira un jour vos apparitions incognito : A noir poncho poilu du maringouin rayonnant Vrombissant autour d'un air inhumain, malodorant, Fjord obscurci ; E gaz, pavillons naÔfs, Dard d'un col glacial arrogant, rois blancs, frissons d'iris; I carmin, sanglant crachat, torsion du corps riant Dans l'irritation ou dans un transport bacchanal punitif ; U, mobs, oscillations d'un lac citron, Paix d'un pâtis ras d'animaux, paix d'un sillon, quand La conjuration l'imprima aux grands fronts potassants ; O, absolu clairon ras d'un bruit inconnu, Sang-froid franchi par tout cosmos ou tout saint. - O, W colossal, rayon rubis d'un iris ! Rue des Petits Carreaux Réponse : Ma chère Rue des Petits Carreaux, c'est très gentil de ta part de nous envoyer d'aussi jolis lipogrammes... i) Je me permet de te demander (et de te tutoyer au passage) d'avoir l'immense amabilité de nous indiquer dans tes prochains courriers à quel genre d'exercice tu t'es livrée: il nous a fallu un certain temps pour remarquer que c'étaient des lipogrammes (il est vrai, nous ne sommes pas doués) ii) Venons en au second texte, ma belle Ruelle ; la vérité est que nous avions confié le manuscrit directement à Anne de Montmorency pour qu'elle le retranscrivît... Cette dernière prétend avoir perdu depuis l'original ! Si l'authenticité du premier texte ne fait aucun doute à la rédaction du fait même de sa qualité (de fait, c'est tout simplement celui que tout le monde a parcouru des yeux lors de la réception de ta lettre avant de s'écrier "C'est exactement ce qu'il nous fallait pour le Courrier"), celle du second, au vu des circonstances (et de la jalousie toujours difficilement dissimulée d'Anne pour les littéraires) ne fait nullement l'unanimité. Nous te demandons donc ma jolie, de bien vouloir trancher. iii) Je suis officiellement prié de te proposer d'intégrer la rédaction de ce si gracieux journal (entre 1998 et + ), la vérité étant encore que si tu étais disposée à nous écrire chère DavidE (j'ose espérer que tu te nommes ainsi) régulièrement, cela nous conviendrait tout à fait et en particulier me dispenserait de devoir -comme à présent- tenter par tous les moyens (et souvent les moins discrets) de rendre les réponses aux courriers le moins compendieuses possibles... @nonyme Une petite explication s'impose au préalable : dans ce numéro nous réalisons l'exploit de publier une lettre, sa réponse par un rédacteur, et la contre-offensive de l'auteur outragé ; comme nous en discutions avec sévérité dans un couloir quelconque, nous eûmes le bonheur de constater que l'individu juste derrière nous était Rue des Petits Carreaux, qui a tenu à prendre connaissance du texte et à rédiger une réponse sur le champ... (ce qui une fois de plus nous arrangeait !) Quelques petites surprises t'attendent, ô lecteur ! La Rédaction Contre-réponse : Ce n'est qu'après avoir pris connaissance (par un ami bien documenté, dont le réconfort m'a été indispensable par la suite) des liens sémantiques complexes qu'entretient ta prose avec l'histoire des sciences que j'ai décidé d'adopter -comme tu me le proposais si aimablement, @nonyme- le pseudonyme DavidE Ruelle. En ce qui concerne Anne de Montmorency, je me permettrai, Caligula (puis-je t'appeler ainsi ?) à l'occasion de publier dans la rubrique littéraire mes meilleurs poèmes signés de son nom : que cela lui serve de Leçon (elle pourra chanter tant qu'elle voudra, ça me fera toujours un beau Rhinocéros). Sache enfin que c'est avec plaisir Caligula que ta chérie continuera d'envoyer ses lipogrammes et autres Exercices de Style (qui te sont désormais dédicacés)... pour l'instant au courrier des lecteurs, même si notre accord Tacite est à présent dénoncé. Prends néanmoins garde, cette Maskarade ne durera pas éternellement... Rue des Petits Carreaux, dorénavant DavidE Ruelle. |
Virus - trimestriel du lycée Louis-le-Grand - Novembre 98